Le Contrat Emploi Solidarité
(CES) est destiné aux personnes rencontrant des
difficultés d’accès à l’emploi.
A la clé pour l’employeur, plusieurs avantages financiers, sous réserve de
respecter certaines formalités, dont la signature d’ une convention avec
l’Etat.
Pour le bénéficiaire, un contrat de travail assorti d’une rémunération et
d’une aide à l’insertion adaptée : tuteur, actions de formation et
d’accompagnement vers l’emploi.
Le cumul avec une activité complémentaire est possible, mais strictement
encadré.
A savoir !
A compter du 1er janvier 2005,
le CES et le contrat emploi consolidé (CEC) devraient fusionner en un contrat
unique.
Les employeurs
L’embauche en contrat emploi solidarité est réservée
à certains employeurs :
• collectivités territoriales et leurs groupements (syndicats
intercommunaux...),
• autres personnes morales de droit public,
• organismes de droit privé à but non lucratif (associations loi 1901,
organismes de Sécurité sociale, mutuelles et organismes de retraite
complémentaire et de prévoyance...),
• personnes morales chargées de la gestion d’un service public.
Les associations de lutte
contre les exclusions, et notamment les chantiers d’insertion conventionnés
par les comités départementaux d’insertion par l’activité économique (CDIAE),
sont particulièrement concernés par l’embauche en CES.
En revanche, les services de l’Etat (administrations centrales et leurs
services extérieurs), les entreprises industrielles, commerciales ou
agricoles et les particuliers employeurs, ne peuvent pas conclure de CES.
Les bénéficiaires
Le CES s’adresse en priorité aux publics présentant les
plus grandes difficultés d’accès à l’emploi. Parmi eux :
• les personnes inscrites comme demandeurs d’emploi depuis 12 mois au
cours des 18 mois précédant l’embauche,
• les demandeurs d’emploi âgés de plus de 50 ans,
• les travailleurs handicapés,
• les bénéficiaires du revenu minimum d’insertion (RMI), ainsi que
leur conjoint ou concubin,
• les bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) ou
de l’allocation de parent isolé (API),
• les jeunes de 18 à moins de 26 ans rencontrant des difficultés
particulières d’insertion professionnelle,
• les personnes rencontrant des difficultés particulières d’accès à
l’emploi du fait de leur âge, de leur situation sociale ou familiale.
Les caractéristiques
Un contrat de travail et une
rémunération minimale
Le salarié bénéficie d’un contrat à durée déterminée de 3 à 12 mois.
Le CES peut être prolongé
à condition de ne pas dépasser 24 mois au total.
Le CES est conclu à temps partiel :
• la durée du travail ne peut pas être supérieure à 35 heures sur une
même semaine,
• elle est en moyenne de 20 heures hebdomadaires, ou comprise entre 10
et 20 heures si le salarié se trouve dans une situation particulière.
Le salarié perçoit au minimum le SMIC horaire.
Tuteur, actions de formation et
d’accompagnement vers l’emploi
• Le tuteur
L’employeur est tenu de désigner un tuteur pour suivre, guider et
conseiller le salarié tout au long du déroulement du contrat.
• La formation complémentaire
Le salarié en CES peut suivre des actions de formation complémentaires
prise en charge en tout ou partie par l’Etat.
L’objectif : augmenter les possibilités de reclassement et d’insertion
durables à l’issue du CES (bilans de connaissances et de compétences
professionnelles, actions de remobilisation, de préqualification et de
qualification).
La demande de formation peut être effectuée au moment de l’embauche ou en
cours de contrat de travail.
Les actions de formation sont réalisées en dehors du temps de travail et ne
sont pas rémunérées par l’employeur.
En cas de renouvellement
du CES sur le même poste de travail par une collectivité territoriale ou par
tout employeur, la formation est obligatoire. Sinon, elle reste facultative.
• L’accompagnement vers l’emploi
Le salarié en CES peut également bénéficier d’actions individuelles et
collectives d’orientation professionnelle et d’accompagnement à la recherche
d’emploi.
Ces prestations sont réalisées pendant le temps de travail.
Formation complémentaire
et accompagnement vers l’emploi : ces deux prestations sont prévues dans le
cadre de la convention
Cerfa n°11617*01 conclue avec l’Etat.
Le cumul avec une activité complémentaire
L’activité exercée en complément du CES doit respecter des règles strictes
:
• être réalisée auprès d’un employeur privé,
• ne pas débuter dans les 3 premiers mois du CES,
• ne pas entraîner une durée totale de travail supérieure à la durée
légale du travail,
• être déclarée par le salarié à la DDTEFP.
Le cumul avec un contrat
emploi consolidé, un contrat initiative emploi ou un autre CES est interdit.
Des avantages financiers pour l’employeur
• Exonération des cotisations
patronales d’assurances sociales, d’accident du travail et d’allocations
familiales
L’exonération est valable pendant toute la durée du contrat.
Attention ! La cotisation
d’assurance chômage est due intégralement.
• Aide mensuelle de l’Etat
Une partie de la rémunération du salarié peut être prise en charge par
l’Etat, à hauteur de 65 % pour les employeurs publics (collectivités
territoriales, établissements publics et autres organismes gérant des
services publics) et de 80 % pour les associations afin de soutenir les
activités associatives répondant à des besoins collectifs non satisfaits ou à
des activités d’utilité sociale. Un taux majoré de 95 % s’applique aux
personnes agréées par l’ANPE et recrutées par un chantier d’insertion sous
forme associative conventionnée par le CDIAE.
Les établissements publics
d’enseignement peuvent bénéficier d’une prise en charge complémentaire de la
rémunération à condition de retourner un formulaire spécifique
Cerfa n°11342*01 à la DDTEFP.
• Aides à la formation à
l’accompagnement du salarié
La formation complémentaire peut être prise en charge en tout ou partie par
l’Etat sur la base de 3,35 € par heure, dans la limite de 400 heures.
Des financements
complémentaires peuvent également être obtenus, notamment auprès des
conseils généraux et
des
conseils régionaux .
Les actions d’accompagnement vers l’emploi sont entièrement prises en
charge par l’Etat et le Fonds social européen (FSE).
A partir du moment où la DDTEFP donne son accord sur l’entrée du salarié en
accompagnement, l’employeur n’a aucune avance financière à effectuer : l’Etat
paye directement la prestation à l’organisme prestataire.
Des formulaires en ligne
sont disponibles pour la prise en charge de la cotisation accident de travail
en cas de formation complémentaire :
Cerfa n° 11618*06.
Des formalités à respecter
L’embauche en CES suppose, de la part de l’employeur, certaines formalités
à remplir :
• Avant l’embauche, conclure une convention avec l’Etat
Cerfa
n°11617*01 . La demande de convention est à déposer
auprès de la
direction
départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle qui
donne un accord de conventionnement.
• En cas de formation complémentaire ou d’action d’accompagnement vers
l’emploi, conclure une convention avec l’Etat
Cerfa
n°11618*01 , prévoyant notamment la protection du
salarié contre le risque Accidents du travail.
• Informer les Représentants du personnel des conventions conclues et
du suivi des contrats.
• Si le préfet l’exige, adhérer à une " charte de qualité "
précisant les engagements réciproques de l’Etat et de l’employeur en matière
d’insertion professionnelle des personnes rencontrant des difficultés
particulières d’accès à l’emploi.
Source:
www.travail.gouv.fr